Eté 2007. L'été de mes 17 ans. Sans doute les vacances les plus chouettes et les plus remplies de toute ma vie :)
Tout à commencé en une belle journée de juillet, le 1er juillet pour être précise. La fin du bac (enfin, des épreuves anticipées, hein, faut pas pousser non plus). Après un oral de français pour le moins stressant et un train attrapé de justesse à la gare St Lazare, direction Deauville-Trouville avec mon rayon de soleil, Jo, Mélo et Cam. Une bouffée d'oxygène. Attendue. Et depuis longtemps. Je crois que si on nous avait filmé, toutes les cinq, dans notre propre appart, en autonomie complète et libres de toute contrainte, ça aurait donné un film à la Crossroads. Ce sont ces moments là qui valent la peine d'être vécus. Parce qu'on en gardera des souvenirs à la pelle, comme autant de personnes impossibles à oublier et à effacer de sa mémoire. Les gaufres caramel-beurre salé de Jo dégustées sur la plage, les planches de Deauville, le bac, les coups de soleil les plus méchants de toute ma vie, la honte, en Normandie, les massages à l'après soleil, les cartes postales envoyées tous les jours à Anne-Louise (ci-gît Anne Louise ^^...), les moules, la piquette ayant servi à préparer les moules, la tequila paf, les footings de Mélo, le fondant au chocolat, les films sur ce cher Régis qui pète les doigts ("C'est un pianooo" :D), le resto, le phare, la plage, les algues, Jo ayant peur des algues, les kékés, la cagnotte et les comptes, le test FB (êtes-vous M. Jackson, Gisèèèle (la be-bom de la plage), Polnareff, Lady Di (distinguée en toutes circonstances) ou Camélia Jordana ? Find out now !) "Whatever works" et "Les beaux gosses", la marche d'une demi-heure pour aller au ciné, les discussions de filles ("Pourquoi t'es stressée comme ça ?" ^^), le sujet de conversation favori de Mélo ("L'autre jour avec Jérémy ..." ^^ trop magnôône), les états d'âme de Jo, le bordel ambiant (c'est toi l'bordel), Deauville, les sandwichs sur la plage, les kékés de plage, les fous rires incessants, la sortie à plus de minuit dans Trouville, jusqu'au phare, les photos en noir et blanc, les apéros tranquillou, les glaces, les femmes-zombies-du-sable-de-la-mort-qui-tuent (earthquake), l'enterrement de vie de garçon ("peut-être la 47 ?" XD), les emplettes, la plage, le sable, la plage, la pluie, le beau temps, le thon/croûton/lardon (?) dans la salade, le train et la photo des contrôleurs, le mec et son speech sur l'importance vitale de s'intéresser à la guitare flamenco, la panique cinq minutes avant d'aller au restaurant, (euuh les filles ? :p), *** défilant en sous vêtements dans l'appartement ("Mais j'étais pas nue !")tandis que Clairou s'essayait au métier de "mannequin pour les copines", enfin... 5 jours de bonheur quoi... Un p'tit coin de paradis avant l'organisation du forum international d'été du Parlement Européen des Jeunes à Fontainebleau.
En route Le Porge le Porge le Porge : ça ressemble à des vacances idéales, tout ça, "Qu'est-ce-que vous faites LAAAAA ?" ^^ ; "Die Opa, die Oma, die schlafen mussen..."
"Qui a les plus grosses maracas ?"
"Elle est des nôtres : elle saute sur sa valise comme les autres"
"Tellement tellement"
"Je suis actuellement en BTS esthéticienne dans le but de devenir... esthéticienne"
Et maintenant que la fin est proche, que la rentrée se rapproche dangereusement de mon petit coin de paradis, les doutes refont surface, comme sortant d'une hibernation imposée pendant 1 mois et demi par un changement d'horizon. Cécile est perdue. Elle ne sait pas quoi faire de sa vie. A quoi sert-elle, cette vie ? Elle doit réagir, maintenant, se sortir les doigts du cul, comme on disait au Porge, bref se bouger pour se construire un avenir. Mais que faire ? Et où aller ? Elle n'en a pas la moindre idée. Le temps presse. L'étau se resserre, et elle doit faire vite. Elle réalise aussi qu'à trop jouer avec le feu, on risque de se brûler les ailes. Qu'on se les brûle fatalement un jour où l'autre. Qu'à trop s'éloigner d'elle même elle risque de se perdre. Que cet égarement a peut-être aussi du bon, finalement. Mais qu'il faut quand même bien chercher pour trouver le "bon", dans tout ça. Que c'est malsain de devenir une autre personne que celle qu'on est réellement. Que son souvenir cherche à la détruire. Que son cerveau n'est pas raisonnable, que toute sa personne ne l'est pas non plus, et ce un peu trop souvent ces derniers temps. Qu'elle doit oublier et se souvenir. Que sa vraie vie, elle la doit la vivre en ce moment, vraiment, et pas derrière un vulgaire écran d'ordinateur. Mais que c'est si simple de se cacher derrière tout ça, si simple de se voiler la face, de passer à côté de ses rêves, finalement. Qu'elle ne parvient pas à se détacher de tout ça. Qu'elle se sent vide, sale, forte, faible, à l'aise, mal à l'aise, vivante et morte. Tour à tour. Y a comme un léger malaise.
Edit du 8/09 : Et voilà, c'est la rentrée. Terminale S. On y est. Dernière année de lycée. Dernière année tout court. Je n'arrive pas à voir plus loin que le mois de juin prochain ; enfin bon, l'année dernière, je me sentais quand même plus concernée. J'ai simplement le sentiment d'être spectatrice de ma vie, de ne pas y prendre part, de la regarder s'écouler sans intervenir, sans avoir le droit, ou même la possibilité, d"en modifier le cours et de la modeler à ma guise. Je ne veux pas d'une petite vie. Je veux pouvoir arriver à 100 ans et me dire : "Putain, j'en ai fais des choses, quand même..." (mais quelles choses, bordel ? Je n'en ai pas la moindre idée). Je veux que l'on se souvienne de moi, laisser une trace en ce monde surpeuplé par tellement d'anonymes depuis la nuit des temps. J'aimerais être l'une de ces figures qui émergent. Une figure... je ne sais pas, emblématique peut-être. Je ne veux pas d'une vie "comme tout le monde". Je veux vivre, apprendre, danser, aimer, voyager, rêver, et concrétiser. Avoir une vie passionnante. Exceptionnelle. Pleine. Que tous mes rêves, et sans exception, se réalisent. Mais quels rêves, au fait ? Est-ce-que j'en ai, au moins ? Pas sûr. Je n'ai pas réellement de projets, en fait. Pas d'avenir. Qu'il soit envisagé ou non. Je cherche un sens à ma vie sans pouvoir le trouver. Je ne suis pas sûre que cette voie soit la bonne, et qu'elle réponde à toutes mes attentes. Je ne sais pas. Et je n'ai jamais su. J'aimerais seulement m'endormir jusqu'à ce que tout ça soit passé, et me réveiller avec des certitudes. Je suis à côté. Indifférente. Blazée. Déjà.
Cette vie n'est pas la mienne ; je ne sais pas quoi en faire. Et ça me terrifie.



